05/02/2007
Délinquance : un peu de pudeur!
"La délinquance recule dans notre pays, ce n'est contesté par personne", disait il y a peu encore le candidat UMP à l'Elysée, qui compte s'appuyer sur son "bilan" de ministre de l'intérieur pour donner des garanties de sérieux.
Soyons sérieux justement, en étudiant la question de la délinquance telle qu'elle se présente concrètement sur le terrain :
- Les atteintes aux biens (logements, magasins, voitures...) sont moins fréquentes aujourd'hui qu'hier parce que les dispositifs de protection sont plus sophistiqués et plus efficaces. Le phénomène est commun à l'ensemble des pays industrialisés, partout pour la même raison et indépendamment du camp politique auquel appartient le responsable politique en charge de la question.
- Les atteintes aux personnes connaissent une augmentation constante et significative : quand l'actuel ministre de l'intérieur a pris ses fonctions, on en recensait 372263 par an contre 432441 en 2006 (+16%) et dans ce domaine aussi, le phénomène est le même ailleurs.
En résumé, ce sont les faits les plus graves qui augmentent, quoi qu'en disent les statistiques établies en présentant une moyenne générale destinée à noyer le poisson. On peut en conclure que le fait de faire voter six textes relatifs à la sécurité en à peine cinq ans n'a pas franchement amélioré la situation. On peut aussi noter que les consignes expéditives données à la police, à qui on fixe des quotas à atteindre, ne porte guère ses fruits.
Le plus sage serait sans doute de faire le choix de la pudeur et d'admettre que le problème est complexe et mérite qu'on laisse de côté amalgames et démagogie électorale pour travailler sur le fond, en rappelant notamment que la délinquance témoigne du mal-être d'une part croissante de la société et que la prévention n'est jamais un luxe. A cet égard, la police de proximité qu'avait partiellement mise en oeuvre le gouvernement Jospin constituait un modèle prometteur et respectueux de la société et de l'individu. On ne lui a pas laissé sa chance, mais qu'il s'agisse de sécurité ou de n'importe lequel des problèmes sociétaux que nous connaissons, c'est bien par la proximité qu'il nous faudra passer pour faire des progrès tous ensemble.
Marc.
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